Solivage bois en cours de pose sur un chantier de plancher

Le terrain est trop petit pour une extension, ou trop cher pour en acheter un plus grand, mais la famille s'agrandit. Reste une direction : vers le haut. Surélever une maison permet de gagner un étage sans toucher au jardin, à condition que la construction existante puisse porter ce nouveau niveau. Et c'est là que le plancher bois, posé sur un solivage calculé selon l'Eurocode 5, joue un rôle décisif.

Pourquoi la surélévation revient en force

La surélévation n'a rien de nouveau, mais elle répond à des contraintes qui se sont durcies. L'objectif Zéro artificialisation nette (ZAN) pousse les communes à densifier plutôt qu'à ouvrir de nouveaux terrains à la construction. Le foncier se fait rare et cher, y compris dans les agglomérations moyennes comme Orléans, Tours ou Chartres. Et beaucoup de maisons de plain-pied des années 1960 à 1990 ont été bâties sur des parcelles où une extension au sol mangerait tout le jardin.

Gagner un niveau par le haut permet de conserver l'emprise au sol, de valoriser le bien et d'éviter un déménagement. Mais une maison n'a pas été dimensionnée pour recevoir un étage : tout l'enjeu est de limiter la charge ajoutée. C'est pourquoi la quasi-totalité des surélévations de maisons individuelles se font aujourd'hui en ossature bois, sur un solivage bois calculé qui forme le nouveau plancher.

Le plancher bois, pièce maîtresse du projet

Le nouveau plancher est le premier élément construit et celui qui conditionne tout le reste : il reprend les charges de l'étage (occupants, mobilier, cloisons, murs à ossature, toiture) et les transmet aux murs existants.

Une question de poids

Ordres de grandeur couramment admis pour le poids propre d'un plancher, hors charges d'exploitation :

Type de plancher Poids propre approximatif Conséquence sur l'existant
Solivage bois + OSB 22 mm 40 à 60 kg/m² Charge minimale sur murs et fondations
Solivage bois + OSB + chape sèche 70 à 100 kg/m² Reste léger, meilleure acoustique
Plancher béton poutrelles-hourdis 250 à 350 kg/m² Souvent incompatible sans renfort
Dalle béton pleine de 20 cm environ 500 kg/m² Reprise des fondations quasi certaine

À ce poids propre s'ajoutent les charges d'exploitation réglementaires d'habitation, 150 kg/m², identiques quel que soit le matériau. Sur un étage de 60 m², passer d'une dalle pleine à un plancher bois économise environ 25 tonnes sur la structure existante. C'est souvent la différence entre une surélévation faisable et un projet abandonné.

Un plancher calculé, pas improvisé

Le solivage d'une surélévation doit franchir la portée entre murs porteurs, souvent 4 à 6 m, en respectant une flèche limitée à L/300, voire L/400 sous cloisons fragiles, selon l'Eurocode 5. On utilise du bois massif C24 ou du lamellé-collé GL24h pour les grandes portées. Les principes de section et d'entraxe sont détaillés dans notre article sur le dimensionnement d'un solivage bois. La trémie d'escalier, inévitable pour accéder au nouvel étage, demande un chevêtre dimensionné à part : voir notre guide de la trémie et du chevêtre dans un plancher bois.

L'étude de structure et de fondations : l'étape non négociable

Avant le moindre dessin d'architecte, il faut savoir ce que la maison peut porter. Un bureau d'études structure vérifie :

  • les fondations : nature et profondeur des semelles, type de sol (les argiles gonflantes sont fréquentes en Centre-Val de Loire), éventuels désordres déjà visibles ;
  • les murs porteurs : matériau (parpaing, brique, pierre, tuffeau), épaisseur, état, présence ou non d'un chaînage en tête ;
  • le plancher haut existant : bien souvent un plancher de combles perdus prévu pour une faible charge, qui ne pourra pas servir de plancher habitable sans être remplacé ou doublé ;
  • la descente de charges complète, du nouveau toit jusqu'au sol.

Le résultat peut être un feu vert, un feu vert sous conditions (chaînage à créer, poteaux intermédiaires, reprise ponctuelle en sous-œuvre) ou un refus. Mieux vaut le savoir avant d'engager des frais d'architecte. Pour le plancher lui-même, Make Bois peut fournir une note de calcul Eurocode 5 dans le cadre de sa prestation conseil et étude, en complément de l'étude globale.

Autorisations d'urbanisme en 2026

Les seuils suivants sont ceux du Code de l'urbanisme au 1er octobre 2026 ; votre PLU peut imposer des règles de hauteur, d'aspect ou de prospect plus restrictives, à vérifier en mairie :

  • moins de 5 m² de surface de plancher créée : pas d'autorisation spécifique, mais une modification de façade ou de toiture impose en pratique une déclaration préalable ;
  • de 5 à 20 m² : déclaration préalable ;
  • de 20 à 40 m² en zone U d'un PLU : déclaration préalable, sauf si la surface totale après travaux dépasse 150 m², auquel cas un permis est requis ;
  • au-delà de 40 m² (ou au-delà de 20 m² hors zone U) : permis de construire.

Le recours à un architecte est obligatoire pour un permis de construire dès que la surface de plancher totale de la maison, après surélévation, dépasse 150 m². Une surélévation complète double souvent la surface : ce seuil est vite franchi.

Côté thermique, une surélévation est traitée comme une extension. Selon sa surface et sa proportion par rapport à l'existant, elle relève d'exigences par éléments (proches de la réglementation thermique de l'existant) ou de la RE2020, applicable en totalité aux extensions importantes, généralement au-delà de 50 m² et de 30 % de la surface existante. Les seuils exacts sont à faire confirmer par votre architecte ou un bureau d'études thermique.

Étapes et intervenants d'une surélévation

Une surélévation mobilise plusieurs corps de métier. Voici l'enchaînement type et qui fait quoi :

Étape Intervenant Rôle de Make Bois
Faisabilité, étude de sol et de structure Bureau d'études structure Note de calcul du plancher si demandé
Conception, dossier d'autorisation Architecte ou maître d'œuvre Échanges sur les portées et la trémie
Renforts de l'existant (chaînage, sous-œuvre) Maçon Aucun
Dépose de l'ancienne toiture Charpentier-couvreur Aucun
Plancher porteur : solivage + OSB Make Bois Solivage calculé, chevêtres, platelage OSB
Murs à ossature bois, charpente, toiture Constructeur ossature bois, charpentier Coordination des appuis et du calepinage
Réseaux, isolation, finitions Plombier, électricien, plaquiste, solier Chape sèche Fermacell si besoin

Soyons précis sur notre périmètre : Make Bois réalise le plancher porteur (solivage dimensionné, chevêtres de trémie, platelage OSB vissé-collé) et, si nécessaire, une chape sèche pour l'acoustique. Nous ne faisons ni gros œuvre, ni maçonnerie, ni charpente complète, ni toiture. Sur une surélévation, nous intervenons donc en coordination avec le charpentier ou le constructeur ossature bois qui monte les murs et le toit, et le planning doit être serré : la maison reste ouverte entre la dépose de la toiture et le hors d'eau.

Quel budget prévoir ?

Le prix d'une surélévation complète en ossature bois dépend surtout des murs, de la toiture et des renforts éventuels de l'existant ; il se chiffre sur étude, au cas par cas. Pour le seul plancher porteur, fourchettes indicatives Make Bois, pose comprise, hors finition :

  • solivage bois calculé : dès 70 €/m² ;
  • platelage OSB : dès 50 €/m² ;
  • chape sèche Fermacell sur le nouveau plancher : en complément, selon l'acoustique recherchée.

Attention à la TVA : des travaux d'agrandissement qui augmentent nettement la surface habitable relèvent en général du taux normal de 20 %, et non des taux réduits de la rénovation. Point à valider avec vos artisans dès les devis.

Questions fréquentes

Peut-on surélever une maison de plain-pied sans toucher aux fondations ?

Souvent oui, grâce à la légèreté de l'ossature et du plancher bois, mais seule une étude de structure peut le confirmer. Des fondations superficielles sur sol argileux ou des murs sans chaînage peuvent imposer des renforts ponctuels.

Faut-il un permis de construire pour une surélévation de maison ?

Au-delà de 40 m² créés en zone U d'un PLU (20 m² ailleurs), oui. En dessous, une déclaration préalable suffit, sauf si la surface totale dépasse 150 m², ce qui impose permis et architecte.

Peut-on garder le plancher de combles existant pour créer un étage ?

Rarement tel quel : un plancher de combles perdus est prévu pour du stockage léger, pas pour 150 kg/m² d'exploitation et des cloisons. Il faut le renforcer ou poser un solivage neuf, comme pour des combles aménageables.

Combien de temps dure une surélévation en ossature bois ?

La phase hors d'eau est généralement courte, de l'ordre de quelques semaines, grâce à la préfabrication. Le chantier complet, finitions comprises, s'étale plutôt sur plusieurs mois, sans compter l'instruction du permis.

Quelle épaisseur d'OSB pour le plancher d'une surélévation ?

En général 22 mm rainuré-languette pour un entraxe de solives de 60 cm, posé vissé-collé selon le DTU 51.3. Le calcul de structure peut imposer davantage selon les charges et l'entraxe retenu.

Vous étudiez une surélévation et devez valider le plancher porteur avec votre architecte ou votre constructeur ossature bois ? Make Bois calcule et pose le solivage bois et le platelage OSB de votre futur étage, autour d'Orléans, de Chartres et dans toute la région Centre-Val de Loire. Contactez-nous pour en parler.

Un projet de plancher bois ?

Make Bois intervient dans toute la région Centre-Val de Loire : solivage, plancher OSB, nivellement et rénovation Fermacell. Diagnostic gratuit, devis détaillé sous 48h.